Hommage à la Femme Polynésienne
Nani Travels porte un prénom. Pas un mot au hasard, pas un concept marketing — un prénom. Celui de Nani.
Une femme qui a laissé une empreinte indélébile dans le cœur de chaque personne qu'elle a croisée. Une femme solaire, aimante, une mère, une sœur, une amie, une épouse, une guerrière. Une femme qui a transmis le soleil de son cœur à ses enfants, Alexandrine et Jérémy.
Ce n'est pas un hasard si notre agence est composée à 90% de femmes. Nous avons envie de leur donner la parole, de soutenir leur vision, leur force, et d'adapter leur travail à tous ces rôles qu'elles portent déjà au quotidien — avec grâce, avec courage, souvent en silence.
Nani Travels porte un prénom. Pas un mot au hasard, pas un concept marketing — un prénom.
Celui de Nani.
La femme a toujours eu une place centrale dans la société polynésienne. Alors c'est bien normal de lui rendre hommage aujourd'hui.
Nous avons voulu nous intéresser à son évolution, à son rôle exact, à la manière dont elle a été perçue par les explorateurs à leur arrivée, et à comment elle a dû reconquérir sa place. Du mythe de la vahine à la businesswoman, de la femme au foyer à la femme forte et pleinement présente dans sa famille.
Qui est vraiment la femme polynésienne ?
Mille couleurs, une seule force
La femme polynésienne est un mélange. Elle est faite de rencontres, d'histoires, de traversées d'océan. Elle porte en elle les souches de nos îles — maohi, chinoise, européenne, paumotu — et parfois quelque chose venu de l'autre côté du récif, de l'autre côté du monde. Elle vibre sa culture, partage sa sagesse, et brûle de ce petit feu intérieur qui la rend unique.
Quelques membres de l’équipe Nani Travels.
Avant l'arrivée des explorateurs : une femme libre et sacrée
Dans la société polynésienne traditionnelle — la société maohi — la femme occupait une place bien plus complexe et respectée que ce que l'histoire officielle a longtemps voulu retenir.
Elle était gardienne des généalogies, dépositaire de la mémoire familiale et du mana ancestral. Certaines femmes de haut rang, les ari'i vahine, détenaient un pouvoir politique réel : elles pouvaient hériter de titres, posséder des terres et exercer une autorité sur leur clan.
Les femmes étaient aussi les gardiennes de savoirs essentiels : la médecine par les plantes, le tressage, la confection des tapa — ces étoffes d'écorce battue qui habillaient les corps et les cérémonies.
Transmettre ces savoir-faire était un acte sacré.
Photo de Radio 1 avec Hinatea Colombani
Huahine, l'île des femmes chefs
Si la femme polynésienne a toujours porté un pouvoir réel, certaines îles en sont la preuve vivante. Huahine en est l'exemple le plus éloquent — au point qu'on la surnomme encore aujourd'hui "l'île des femmes chefs."
Car oui. Huahine a été gouvernée, à plusieurs reprises dans son histoire, par des ari'i vahine — des femmes de haut rang dont le mana et la lignée leur conféraient une autorité absolue et respectée.
✨ Teri'itaria II — La plus puissante des cheffesses de Huahine
Parmi toutes ces figures féminines, une se distingue particulièrement : Teri'itaria II.
Elle ne régnait pas seulement sur Huahine. Son pouvoir s'étendait sur Raiatea et Tahaa — un territoire exceptionnel pour une seule souveraine. Sa légitimité ne reposait pas uniquement sur la force. Elle venait de plus loin, de plus profond — de sa généalogie sacrée, directement liée aux grandes lignées ari'i de Raiatea, île-mère de la spiritualité polynésienne et berceau du marae Taputapuātea.
Elle a régné à la charnière du XVIIIe et du XIXe siècle — une époque de bouleversements profonds. Malgré ces turbulences, Teri'itaria II a tenu. Elle a maintenu son pouvoir, protégé sa lignée, et traversé cette période de transformation sans perdre son autorité.
La femme polynésienne n'a pas attendu qu'on lui donne le pouvoir. Elle l'a porté. De tout temps. De tout son mana. 🌺
© wondering blonde : Même la forme de l’île de Huahine, ressemble a une femme.
L'arrivée des explorateurs : la naissance du mythe
Tout bascule au XVIIIe siècle. Lorsque Samuel Wallis accoste à Tahiti en 1767, puis Bougainville en 1768 et Cook en 1769, ils ne voient pas la femme polynésienne telle qu'elle est. Ils projettent sur elle leurs propres fantasmes.
Bougainville baptisera Tahiti "La Nouvelle Cythère" — l'île de la déesse de l'amour. Dans son récit, les femmes tahitiennes apparaissent comme des créatures de paradis, offertes, libres, sans pudeur ni contrainte. Une image qui va traverser les siècles.
Les peintres suivront. Gauguin, arrivé à Tahiti en 1891, immortalisera la vahine dans des toiles devenues iconiques. Mais ce regard était avant tout le sien — celui d'un homme occidental en quête d'un Eden perdu — et non le reflet de la réalité des femmes polynésiennes.
La vahine devient alors un mythe : sensuelle, accueillante, enveloppée de fleurs, heureuse de plaire. Une image réductrice qui va durablement peser sur la façon dont la femme polynésienne sera perçue, y compris par elle-même.
La période coloniale : entre effacement et résistance
L'arrivée des missionnaires protestants (dès 1797) puis catholiques va profondément transformer la société polynésienne. Les danses, les tatouages, les cérémonies sont interdits. Le corps de la femme — si libre dans la tradition — doit être couvert.
La femme perd progressivement les espaces de pouvoir qu'elle occupait. Le modèle européen de la femme au foyer, soumise et silencieuse, s'impose peu à peu. Et pourtant, la femme polynésienne résiste. Discrètement, elle continue de transmettre les chants, les techniques, la langue.
Makau Foster
Si la femme polynésienne est gardienne de la culture, alors Makau Foster en est l'une des figures les plus lumineuses de notre époque.
Formée dès son plus jeune âge à la danse tahitienne, Makau Foster a d'abord appris ses premiers pas avant de partir en tournée en Europe à 13 ans avec la troupe Toa Reva de Manouche Lehartel. Un début de vie déjà marqué par cette double force qui la définira toute sa vie — l'audace et la danse.
Photo Hine Tahiti
Car il faut rappeler ce que la danse polynésienne a traversé. Associée par les missionnaires à l'impudeur, les danses traditionnelles furent longtemps interdites ou marginalisées. Makau Foster a été l'une de celles qui ont porté ce renouveau — avec rigueur, avec passion, avec un respect profond pour les origines.
Son école de danse Tamariki Poerani est aujourd'hui l'un des plus grands centres de formation de 'ori tahiti en Polynésie, connu dans le monde entier.
Pour Makau, enseigner la danse, c'est avant tout transmettre — entière, vivante, sacrée. Si tu passes une étape, il manque quelque chose.
En 2025, Makau Foster a tiré sa révérence au Heiva i Tahiti, après plus de 26 ans de spectacles avec Tamariki Poerani. Une soirée d'émotion intense.
La femme polynésienne aujourd'hui : une reconquête
Aujourd'hui, la femme polynésienne est en mouvement. Elle est cheffe d'entreprise, élue politique, artiste, sportive de haut niveau, mère de famille, et souvent tout cela à la fois.
La Polynésie française compte parmi les territoires français avec un taux de femmes entrepreneures parmi les plus élevés. Dans les familles polynésiennes, la mère — la māmā — reste souvent le pilier invisible de l'équilibre familial, celle qui tient, qui décide, qui transmet.
Des mouvements culturels forts ont contribué à cette reconquête. Le renouveau du heiva, la renaissance du tatouage traditionnel, la fierté de la langue māōhi — tout cela a aussi été porté par des femmes. Des artistes, des danseuses, des militantes qui ont dit : "Notre identité nous appartient."
Elles font rayonner le fenua aujourd'hui
La femme polynésienne moderne n'a rien abandonné de ses racines. Elle les porte au contraire plus loin, plus haut, plus fort. Voici quelques-unes de celles qui incarnent cette nouvelle génération.
✨ Miriama Bono — Bâtisseuse de ponts
Architecte, artiste, présidente du FIFO, directrice du Musée de Tahiti et des Îles — Miriama Bono est une femme aux multiples casquettes qui a plaisir à communiquer sa vision des choses. Femmesdepolynesie
Son parcours est celui de la construction — construction des lieux, des institutions, des ponts entre tradition et modernité. Heiva Née à Papeete d'un père italien et d'une mère tahitienne, elle est partie étudier l'architecture à Paris avant de revenir au fenua avec une conviction : apporter quelque chose à son pays.
Sous sa direction, le Musée de Tahiti et des Îles a été rénové, modernisé, rapproché du public. Elle a obtenu le retour du Maro'ura — cette ceinture sacrée des chefs — depuis le Musée du quai Branly. Elle a lancé les premiers podcasts en langue polynésienne dédiés à l'art et à la culture. En 2025, elle a été faite chevalière de la Légion d'honneur Voyagedelegende — une reconnaissance collective pour une femme qui a toujours œuvré pour que la culture polynésienne soit vue, entendue, et transmise.
✨ Hinatea Colombani — L'âme vivante de la culture
Danseuse, artisane du tapa et gardienne des savoirs ancestraux, Hinatea Colombani incarne avec grâce et conviction les valeurs de la Polynésie.
Elle a co-créé avec son compagnon le premier centre culturel privé de Tahiti, le Centre 'Arioi — un espace d'apprentissage pluridisciplinaire où l'on enseigne la danse, la musique, la fabrication du tapa, la langue, le jardin traditionnel.
Ambassadrice d'Air Tahiti Nui, elle porte les couleurs de son fenua à travers le monde — entre tradition vivante et création contemporaine. Elle a récemment exposé ses œuvres en tapa à la Biennale Révélations au Grand Palais à Paris, aux côtés des plus grands noms de l'artisanat d'art mondial.
Pour Hinatea, transmettre n'est pas un métier. C'est une mission. "La culture est vivante, elle est en nous et elle est notre plus belle offrande à nos ancêtres et au monde."
✨ Hinanui Salmon — La gardienne du monde invisible
Hinanui Salmon est masseuse énergéticienne, médium et gardienne des savoirs spirituels polynésiens. Son chemin a commencé très tôt — des dons qu'elle portait en elle depuis l'enfance, une curiosité insatiable qui l'a menée à se former auprès de chamanes en Australie, de druides en Bretagne, d'Indiens Hopis en Amérique.
Revenue à ses racines, elle se consacre depuis plusieurs années à l'étude de la cosmogonie polynésienne — les étoiles, les rituels, la langue, le mana. Elle incarne cette femme polynésienne qui n'a jamais choisi entre l'ouverture au monde et l'ancrage profond dans son identité.
Elle cherche les causes. Elle va dans la blessure. Elle propose toujours un espace pour poser ce qui se passe. Une approche qui résonne profondément avec l'héritage des femmes guérisseuses de Polynésie.
Hinanui Salmon a la source de la Vaima
Chez Nani Travels, chaque voyage que nous concevons est aussi une invitation à rencontrer cette femme-là — la vraie. Celle qui vous accueille dans sa famille, vous prépare un po'e à la banane, vous emmène au marae de ses ancêtres, ou vous confie un fragment de son histoire au détour d'une conversation.
De Teri'itaria II à Makau Foster, de Miriama Bono à Hinatea Colombani — la femme polynésienne n'a jamais cessé d'être ce qu'elle a toujours été : une force tranquille, un feu qui dure, un mana qui se transmet.
La vahine n'est plus un mythe imposé de l'extérieur. Elle se réécrit de l'intérieur.
Et nous, chez Nani Travels, nous sommes fières et honorées de porter son nom. 🌺
Mauruuru. Merci à toutes.
Women, we honor you.