Les Australes - journal de bord de Timeri
En novembre 2025, Timeri, notre responsable des immersions, a vécu un voyage extraordinaire à bord de l’Aranui, à la découverte de l’archipel préservé et puissant des Australes.
Une exploration hors des sentiers battus, au cœur d’îles rares, entre rencontres humaines, paysages bruts et immersion profonde dans l’âme polynésienne…
Jour 1 – Samedi 1er novembre : Départ
Départ de Tahiti à bord de l’Aranui. L’ambiance est chaleureuse dès l’embarquement, un personnel aux petits soins et des passagers curieux et visiblement heureux : prémisse d'une aventure mémorable. Je prends le temps de me familiariser avec l’organisation et de planifier la semaine à venir. J’explore un peu ce navire sur lequel je vivrai ces prochains jours, m’orienter, je sais, je sens que ça me prendra du temps alors je commence à prendre mes repères…
Timeri embarque à bord de l’Aranui 5, direction les Australes !
Jour 2 – Dimanche 2 novembre : Rurutu (demi-journée)
Premier jour sur Rurutu, la merveilleuse.
C’est toujours un bonheur de la retrouver.
Aujourd’hui, c’est dimanche. Tout le monde est à la messe, alors le rythme est tranquille. On se pose à la plage : baignade, snorkeling, temps libre.
Je fais mon premier bain dans les Australes, je m’imprègne du lieu par la mer — c’est ma façon à moi de me présenter à l’île.
Puis vient le temps de la lecture : Le Pacte des Baleines, de Witi Ihimaera, aux éditions Au Vent des Îles. Une histoire qui résonne encore plus fort ici, puisque qu’une partie du récit se déroule à Rurutu.
Jour 3 – Lundi 3 novembre : Rurutu (suite) / Journée entière sacrée
Couronnes, chaleur humaine, himene, et un pūte incroyable qui met l’ambiance et donne instantanément la banane.
Après cet accueil haut en couleur, je retrouve nos collaborateurs, Tananei, Noël et Teumere. On prend le temps de faire le point sur la collaboration actuelle et celle à venir : leurs ressentis, les pistes d’amélioration. Être à l’écoute est essentiel.
L’après-midi, je rencontre la mairesse, qui m’accueille avec beaucoup de bienveillance et d’attention. Là aussi, on prend le temps de se présenter et de poser les bases d’une potentielle collaboration.
Des échanges sincères et constructifs. Je mesure à quel point aller à la rencontre de nos partenaires est important, et je suis profondément reconnaissante pour leur confiance. Ça fait toute la différence.
Jour 4 – Mardi 4 novembre : Rimatara
Arrivée à Rimatara, de son ancien nom Nuiova.
L’eau est d’une clarté incroyable. Depuis le bateau, la fumée du rara s’élève déjà, les toere résonnent : la commune est prête à nous accueillir.
À terre, nous sommes couronnés, puis enveloppés par la fumée du rara – une tradition d’accueil propre à l’île. Certains visiteurs montent dans les véhicules pour rejoindre le village de Mutuaura, d’autres choisissent de découvrir Rimatara à un rythme plus lent. Je fais partie de ceux-là. Marcher, prendre le temps, me baigner dans chacune des baies et m’imprégner de toute la beauté de l’île.
Je rencontre ensuite Tavana Artigas, puis Kenji, président du Comité du Tourisme de l’île. Je leur présente Nani Travels : sa vision, sa démarche. On ne visite pas une île sans se présenter.
Mauruuru pour votre accueil.
De retour sur le bateau, je commence (enfin) à moins me perdre.
Jour 5 – Mercredi 5 novembre : Tupuai
Nous jetons l’ancre dans la célèbre baie Sanglante de Tupuai, puis beachons sur la plage de Tavana, où nous sommes à nouveau couronnés. Quel bonheur d’être accueillis chaque jour avec des fleurs…
Les visiteurs de l’Aranui sont ensuite conduits sous le chapiteau, à côté de la mairie, pour découvrir l’artisanat et les produits du terroir propres à l’île. De mon côté, je passe à la mairie nous présenter au Tavana, Fernand Tahiata, un petit coucou également à Dalida, Présidente du Comité du Tourisme de l’île avant de rejoindre nos collaboratrices : Marie-France et ses merveilleuses filles. Mettre enfin des visages sur leurs douces voix, transformer des mois d’échanges en grandes accolades… ces moments donnent tout leur sens au travail accompli.
Nous prenons le temps d’échanger sur la collaboration en cours, les opportunités à venir, leurs ressentis, leur vision. Leur générosité et leur bienveillance réchauffent le cœur et rappellent, encore une fois, pourquoi nous faisons ce que nous faisons.
De retour sur le bateau, un fashion show est prévu en début de soirée… avec une petite houle annoncée. Autant dire que ça promet :’) Mauruuru à l’Aranui pour ces soirées vivantes et mémorables.
Jour 6 – Jeudi 6 novembre : Journée en mer
Aujourd’hui on passe la journée en mer, cap sur Rapa. Ça laisse le temps de se poser, découvrir la vie du bateau et juste de prendre son temps. Les animations rythment la journée : conférences avec Mark Eddowes, cours de ori tahiti, de ukulele, ateliers de confection artisanale sont proposés par les animateurs Hiti et Harmonie. Ils sont jeunes, dynamiques et passionnés – le cocktail parfait pour partager de beaux moments en bonne compagnie.
Je profite des repas pour échanger avec les passagers, prendre le pouls, recueillir leurs ressentis : ce qu’ils ont aimé découvrir, ce qui les a marqués, et ce qu’ils aimeraient explorer davantage. Les discussions sont simples et très enrichissantes.
Les voyageurs de l’Aranui partagent cette sensibilité particulière : celle de vouloir découvrir les îles autrement, hors des sentiers battus. L’Aranui est avant tout un cargo mixte, et ça, ça change tout. Une croisière, oui, mais seulement lorsqu’elle fait sens, lorsqu’elle est bénéfique pour les îles et leurs communautés. Et au-delà de cet engagement, l’Aranui offre une véritable expérience humaine.
La navigation est douce, apaisante. Et pour celles et ceux qui aiment ne voir que le bleu de l’océan à perte de vue… on est exactement là où il faut.
Jour 7 – Vendredi 7 novembre : Rapa
5h27.
Je file au pont 9 pour apercevoir Rapa, l’île au bout du monde : 27°36′ S, 144°19′ O. Un rêve qui émerge de l’horizon, là, juste sous mes yeux.
Je cours sur le pont extérieur pour ne pas perdre une seule seconde de l’arrivée. Je veux sentir l’air, embrasser l’île du regard, la parcourir lentement de mes yeux. Mon cœur s’emballe. Il n’y a rien de plus magique que de découvrir une île par la mer.
Nous longeons la côte Est. Le soleil se réveille et nous éclaire la passe d’entrée. La mer est calme. L’île accepte de nous accueillir, c’est sûr.
Après les couronnes de fleurs, ce sont les enfants qui nous accueillent : chants, danses - Konikoni, fai. Ça me bouleverse. J’ai du mal à contenir tout ce bonheur qui m’envahit.
Je rejoins ensuite nos chères amies Toreta et Moea. Elles me font découvrir leur paradis : les fours à pain -ko’otu, les champs de café, leur roki - pa’i taro dans l’eau. Elles me racontent l’histoire de l’île, leur histoire, et la manière dont elles souhaitent la partager — avec nous, avec le tourisme — sans jamais en dénaturer l’essence. J’écoute. Je suis profondément touchée.
Mon cœur déborde tout au long de la journée, les larmes ne cessent de couler .
Avant de repartir, elles me présentent à leurs parents : Mama Maumea et Papa Pataritari, président du To‘ohitu, le comité des sages. Je me sens immensément honorée par ces rencontres, par tout ce qui m’a été transmis.
Souvenirs indélébiles, à jamais gravés.
Tongia maitaki — merci
Jour 8 et 9 – Samedi 8 novembre : Raivavae
Raivavae la belle.
Samedi.
Nous arrivons en fin d’après-midi. Des navettes sont organisées pour quelques activités. Ma rencontre avec Vaiana n’est prévue que le dimanche. Je descends à terre, avec ce besoin d’avoir les pieds dans le sable.
Dimanche.
Nous descendons à terre pour l’accueil officiel : des fleurs, des cocos glacés, puis la visite des stands sous le chapiteau. Je découvre l’étendue et la variété des coquillages de l’île. J’en prends plein les yeux : toutes les formes, les couleurs, les motifs… Comme c’est beau.
Vaiana est encore à la messe. En attendant de la retrouver, je participe au tour de l’île avec les visiteurs de l’Aranui. Le conférencier, Mark Eddowes, nous fait l’honneur de nous guider. On sent bien que c’est dimanche : tout le monde est à la messe, tout est calme. C’est une notion importante à garder en tête en tant que visiteur : dans les Australes, le dimanche est sacré et est dédié à la religion.
Nous sommes ensuite invités à un festin, avec du remu à foison — ces algues des Australes, mmh… quel délice.
Ce n’est qu’avant de remonter à bord que Vaiana et moi nous retrouvons enfin. Une accolade, quelques mots échangés. Il y a tant à dire, mais nous avons vu l’essentiel. Cela a été rapide, mais efficace. On s’embrasse et on se quitte.
Cette rencontre marque la fin de ma mission et le début des vacances.
Mauguugu goa - Merci beaucoup
La mission se clôture, je rentre pleine de reconnaissance : pour avoir créé des liens et renforcé d’autres, pour toutes les rencontres, pour les expériences partagées, pour la découverte des îles par la mer.
Merci à l’Aranui d’être une croisière pas comme les autres, promesse d’une aventure humaine et authentique.
Cette mission s’achève, les souvenirs restent… et avec eux, l’envie de continuer à explorer, à apprendre et à partager la richesse de nos îles !